Nos films Santé – Précarité – Inégalités

SYNOPSIS

La santé, souvent présentée comme un droit fondamental, demeure en réalité inégalement accessible. Pour les personnes les plus précaires, qu’il s’agisse de celles vivant à la rue, en situation d’isolement social, ou encore sans statut administratif régularisé en France, l’accès aux soins n’est pas forcément garanti. Les obstacles sont multiples : complexité des démarches administratives, méconnaissance des droits, appréhension des institutions, ou encore priorités de survie quotidienne qui mettent la santé au second plan. 

L’ensemble de film Santé – Précarité – Inégalités, co-réalisé avec des professionnels de santé, des travailleurs sociaux et des personnes ayant elles-mêmes vécu la précarité, met en lumière cette réalité souvent invisible. À travers leurs témoignages, il met en avant des expériences concrètes et parfois brutales du rapport à la santé. Il montre que celle-ci ne se limite pas à l’absence de maladie, mais englobe aussi des besoins essentiels comme pouvoir se laver, se reposer, ou encore accéder à des soins de base, tels que des soins dentaires, souvent négligés faute de moyens.

Ainsi, le film insiste sur une conception globale de la santé, qui inclut des dimensions physiques, mais aussi mentales et sociales. L’instabilité, l’exclusion et les conditions de vie difficiles ont des conséquences directes sur l’équilibre psychologique et le bien-être général des individus. Ne pas avoir de logement stable ou vivre dans l’insécurité constante fragilise profondément la santé mentale, ce qui complique encore davantage l’accès aux soins.

En mettant en scène cinq situations différentes, le projet illustre la diversité des parcours et des difficultés rencontrées. Il révèle aussi les limites et les incohérences du système de santé français, pourtant reconnu pour son universalité. Entre dispositifs existants mais peu accessibles ou encore un manque de coordination, de nombreuses personnes ne parviennent pas à y accéder.

Enfin, ce film cherche à déconstruire les préjugés souvent associés aux personnes en situation de précarité. Il rappelle que derrière chaque parcours se trouvent des individus confrontés à des réalités complexes, et que l’accès à la santé ne devrait jamais dépendre de la situation sociale ou administrative. Il invite à repenser collectivement notre conception de la santé comme un droit véritablement universel, et non comme un privilège.

NOTE D’INTENTION

Cette phrase énoncée par Catherine, participante du projet et référente projet ATD (Agir Tous pour la Dignité) lors d’un atelier effectué l’hiver dernier a marqué les esprits qui a été un réel point de départ et de conviction pour la réalisation de ces films.

Alors qu’on compte 34 personnes décédées dans les rues de Montpellier en 2025. L’espérance de vie des personnes à la rue est de 49 ans contre 80 ans pour l’ensemble de la population… La rue est violente, elle use, abîme. Comment les personnes pauvres gèrent leur santé, qu’elle soit physique ou mentale? Comment sont-elles accompagnées? 

Le sujet s’est tourné sur la santé et la précarité, et comment il peut être compliqué d’avoir accès à des soins de qualité quand on est précaire. On met en lumière différents types de profil, que ce soit des personnes en situation régulière ou irrégulière. On montre que sans la connaissance et les informations nécessaires à portée de main,  l’accès au soin peut être très compliqué, encore plus pour les personnes en situation irrégulière. Pourtant des solutions existent d’où l’importance de la prévention et de l’accompagnement. On essaye d’exposer aussi que  que tout le monde n’est pas égaux dans l’accès au soin. La santé ne se résume pas au soin d’urgence, la santé est globale et regroupe différents aspects. 

Alors que les deux films précédents Des Âmes et des ombres et Entre ombre et lumière abordent le sujet du sans-abrisme avec des personnes concernées ou qui l’ont été ainsi que des professionnels, ce troisième film est la suite logique des deux premiers. En effet, nous rentrons plus en profondeur et relevons un aspect très important de la précarité, celle de la santé. La question de la santé, dans toutes ses formes, est très importante pour les personnes à la rue, car elle ne relève pas seulement du fait d’être malade ou non. La santé c’est aussi pouvoir prendre une douche, avoir des relations sociales saines ou encore pouvoir dormir correctement. 

On utilise l’outil vidéo participative, afin que nous, en tant que vidéaste sociaux, nous apportons notre savoir faires audiovisuels, et les participant.e.s apportent leur connaissances de leurs territoires, leur regards ou encore leur paroles. On construit ensemble leurs images plutôt que de leur faire subir des images. 

L’association développe depuis 24 ans des projets audiovisuels sur des thématiques Hommes-Territoires. Nous construisons essentiellement des outils vidéos co-réalisés par des publics en situation de précarité qui servent à la médiation et à la cohésion sociale. Ils confrontent la parole de différents acteurs (habitants, chercheurs, institutions, associations), permettent l’information et le débat, veulent apporter un autre regard et lutter contre les stigmatisations. 

La fabrication des films

15 ateliers ont été effectués entre janvier et avril 2026. Les 2 premiers ateliers ont permis de réfléchir ensemble à ce que l’on voulait dire sur la thématique santé – précarité – exclusion. Ils ont réuni une trentaine de participants. 

Les 4 ateliers suivants ont été des ateliers d’écriture afin de raconter en court métrage les objectifs des films, de choisir les personnages ainsi que les lieux de tournage. Puis nous avons tourné les courts métrages imaginés en 8 ateliers, avec en début de chaque atelier les images pré-montées des ateliers précédents. Enfin nous avons fait 2 projections qui ont réuni 40 personnes pour avoir une vision d’ensemble, valider les films, et voir les modifications à apporter. 

Les ateliers ont eu lieu à la Tendresse, à Luttopia, à Alisé, à Gammes, à l’Oustal, à Médecin du monde, à Tropisme. On est sur 6 courts métrages de durée variant entre 5 et 15 minutes.

Présentations des court métrages 

Les sujets énoncés dans les films sont multiples. alors qu’ils ont été construits lors de ces ateliers, tout cela vient d’une envie accrue de vouloir être compris et surtout être vue, que ca soit par le grand public, des étudiants en formation ou par les institutions. Il y a aussi un réel désir de filmer et d’être filmé. Pouvoir jouer ou être réalisateur le temps d’une journée permet aux participants de raconter leur vécu comme ils l’entendent. On note ces 6 courts métrages suivant : 

Une Bulle de tendresse, docu-fiction de 15’10

en partenariat avec la Bulle douche nomade

→ L’importance de la douche, geste quotidien pour beaucoup mais un réel privilège pour les personnes à la rue, et de son poids sur sa propre santé mentale. Et quelles sont les solutions que nous pouvons apporter. En lien avec la bulle douche nomade qui propose des douches dans un van aménagé.

“Patrick se retrouve à nouveau à la rue sans accompagnement après un séjour médicalisé. Il s’est installé sous un porche. Théresa, une bénévole l’aborde, échange avec lui. il ne va pas bien, mange mal, à des problèmes de santé et ne veut pas d’accompagnement. Elle lui propose en insistant de prendre rdv avec la Bulle douche nomade, pour prendre soin de lui.  

Elle repasse un ou deux jours après et il n’y est pas allé. Il est encore plus irritable. Cette fois elle réussit à l’emmener avec elle à la Bulle douche nomade. Quand ils arrivent, l’équipe les accueille et leur explique le fonctionnement. Patrick ressort propre et mieux disposé !”

Face au mur, on est nombreux mais on est est seuls, docu-fiction de 9’03

en partenariat avec le Samu Social

→ Comment est-ce qu’on accompagne une personne à la rue en tant que personne lambda et qu’on a peur pour la vie de la personne qui dort dehors. Appeler le 115 (SAMU social) ? Et comment pouvons-nous aider et apporter du lien social avec ces personnes-là ?

“Lors de sa promenade, Irène croise Franck, un sans abri. Celui-ci dort par grand froid dans un parc à Montpellier. Elle s’en inquiète. Comme il ne réagit pas, elle appelle le 115. Réveillé, Franck explique sa situation. Irène, touchée, l’accompagne boire un café.”

Le lien, docu-fiction de 11’25

en partenariat avec le Codes 34

→ La suite du film Face au mur, on est nombreux mais on seul. On se concentre sur le lien créé entre une personne lambda et une personne sans abri, à quel point ces interactions qui peuvent paraître insignifiantes pour nous, peuvent les aider à se sentir mieux. Une sociabilisation saine est un des piliers de la santé et un premier pas pour aller de l’avant. 

“Franck et Irène au café, iels voient dans le journal, 34 morts à la rue en 2025 à Montpellier. Il lui explique son parcours de la rue à un toit salvateur. Boire un café, se sociabiliser, avoir un toit aide Franck à aller mieux.Il retourne au Parc mais cette fois, plein d’énergie et en chantant.”

Santé ou dignité, docu-fiction de 7’42

en partenariat avec Médecin du monde

→ La prise en charge médicale et la question de l’AME (Aide Médicale d’Etat) pour les personnes non régularisés sur le territoire français. L’inégalité de cette prise en charge oblige des personnes à se priver de soins et contribue à dégrader leur état alors même qu’iels vivent dans des situations précaires.

“Un patient a mal au dent. Son dentiste lui propose une couronne sans savoir qu’il n’a que l’AME car il a été débouté du droit d’asile. Quand il apprend qu’il va devoir payer 600€ pour sa couronne, il se résigne à ce qu’on la lui arrache. Bachira, bénévole à Médecin du monde témoigne, c’est son histoire. Florence, médecin bénévole et Dilara explique”

Papiers Mafé, docu-fiction de 12’52

en partenariat avec la Cimade et Migrants bienvenus 34.

→ Les personnes en situation irrégulière en France et qui travaillent, sont une main d’œuvre corvéable, à la merci des employeurs et des lois d’attribution des titres de séjour. Elles sont sous la menace permanente d’être expulsées, de ne pas être payées  et quand elles le sont c’est souvent plus bas que le SMIC ou pour un travail à temps partiel non choisi. 

La question de l’AME et de la couverture sociale solidaire est encore mise en lumière: comment faire quand on gagne trop pour avoir l’AME mais pas assez pour la C2S ?

“Deux personnes en situation irrégulière travaillent dans la restauration, pour un patron qui les déclare et les loge quand il le peut. Iels témoignent que tous les patrons ne sont pas sympas et qu’ils exploitent une main d’œuvre à leur merci. La Cimade témoigne de la complexité pour les patrons d’embaucher de manière déclarée ou non une personne en situation irrégulière.”

Mismy, un regard professionnel sur la santé et la précarité en France, un documentaire de 4’25

→ Un texte écrit et lu par une infirmière de l’UMIPPP (Unité Mobile d’Intervention Psychiatrie Populaire Précarité) qui exprime les difficultés pour les personnes précaires de se concentrer sur leur santé et d’en faire leur priorité alors qu’iels ont d’autres préoccupations. Le film permet une vision globale des différentes situations auxquelles les personnes précaires font face. Superposé avec des archives des films précédemment fait par l’association, ce film fait un résumé des cinq autres films. 

Personnages

Les personnages sont multiples, on compte un total de 9 personnages principaux dans l’ensemble du film – Franck, Irene, Patrick, Theresa, Karamoko, Bachira, Notengara, Mohamed et Guy.

Ils sont répartis en 5 groupes de 2 ou 3 sur chaque film. Tous ont connu des situations précaires. On les retrouve devant et derrière la caméra lors des films. Ce sont leur histoire pour la plupart, et iels ont décidé de jouer le rôle principal sauf pour certaines exceptions.

Cependant, on compte aussi d’autres personnages qui apparaissent à l’écran comme des professionnels. Parmis eux, il y à par exemple, Vincent qui travaille à la CIMADE et qui permet de parler des droits des personnes en situations irrégulière et ainsi envelopper tout le côté administratif, ou encore Elodie, du Samu Social qui nous explique comment agir et réagir face à une personne sans abris qui semble inconsciente, et elle nous explique le fonctionnement du Samu Social au sein de l’Hérault.

On entremêle de la fiction avec une narration plus professionnelle avec des personnes du secteur. Ils répondent indirectement aux situations plus ou moins fictives des court métrages.

Dramaturgie, motivations et point de vue

Étant donné que le film est construit en 6 courts métrages, on compte plusieurs dramaturgie mais elles restent similaires entre elles pour la plupart. La dramaturgie se construit ainsi : on constitue une histoire fictive basée sur des faits réels. Cette histoire réelle peut être ou non racontée par la personne qui l’a vécu, comme le film du dentiste où Bachira nous raconte son histoire lors de son rendez-vous médical. Un récit aussi avec des professionnelles comme par exemple du SAMU, de la CIMADE ou encore de différents collectifs pour appuyer les propos évoqués lors de ces court-métrage. On entremêle des récits très personnels avec des faits, qu’ils soient juridiques, administratifs ou encore médicaux, pour donner une véracité plus concrète et ainsi atteindre un public pour qui les témoignages ne suffisent pas. 

Les motivations primaires ont été de surtout pouvoir montrer une réalité que beaucoup de gens essayent de ne pas voir. En tant que porteur du projet, nous sommes surtout le point de départ de ce film. Les idées et la réalisation ont été co-construites avec les participants. Les participants avaient un réel besoin de reconnaissance et de montrer leur vie, de montrer les difficultés auxquels ils font face quotidiennement. Le projet s’est créé à travers les yeux des participants, nous sommes un appui technique et scénaristique. Le point de vue se fait de l’intérieur, ce sont les gens concernés qui racontent leur histoire. Ainsi, ils racontent leur histoire de la manière dont ils ont envie d’en parler. 

Ce qui est recherché, c’est aussi pour montrer que seul, exclu, sans hébergement et sans stabilité,  on s’alimente mal et on ne prend pas soin de soi. Ce qui a pour conséquence une perte d’estime de soi et une dépression. La clé pour éviter un tel écroulement serait de recréer du lien social et proposer un accompagnement sur le long terme pour se propulser, car le faire seul, cela peut être difficile de remonter la pente. On cherche aussi à montrer et donner les outils pour aller vers et comment accompagner dans ce type de situation. Et donc montrer l’importance de l’accompagnement de proximité et de la prise en compte de la santé globale, de l’écoute bienveillante pour que, par la suite, la personne puisse créer sa solution.

Visionnage et diffusion

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Par mail : lesziconofages@gmail.com

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